De nombreuses voies ont été identifiées dans les Landes, et je me contenterais de reproduire ce qu'en dit Didier Vignaud dans une publication Facebook " Société Archéologique de Bordeaux"
"Notre travail sur la recherche du réseau routier ancien (romain et protohistorique) a continué au cours de ces derniers mois. Voici pour l'instant la carte de ce réseau qui sera encore complété prochainement.
Trois voies principales (larges de 13 à 21 m) parcourent notre actuel département des Landes (toutes plus ou moins orientées nord-sud) : la voie litorrale (Bordeaux-Dax), la voie des Rivières (Bordeaux-Adour puis Dax ou Aire par la voie transversale) et la voie Meynot entre Bazas et l'Adour. Une quatrième voie, moins large que les 3 premières, permet l'interconnexion de la voie des Rivières et de la voie Meynot avec Dax et Aire : la voie transversale (ou voie Bareyt-Watier). Elle est orientée "est-ouest". Il existe aussi un réseau secondaire. Certaines de ces voies ont été reconnues sur le terrain, comme la voie entre Brocas et Campet-et-Lamolère, et aussi la voie entre Bélis et Mont-de-Marsan, probablement reliée à la voie Meynot vers Lencouacq.
Pour ceux qui connaissent le sujet, la voie intérieure n'apparait pas sur cette carte. En effet, selon nos recherches récentes, les tracés réalisés par les différents chercheurs correspondent au tracé d'une liaison moderne entre Bayonne et Bordeaux (diligences postales). Notons aussi qu'il n'y a aucun site archéologique ancien sur ce tracé hypothètique, contrairement aux autres voies mentionnées ici. Prochaine étape : figer les stations routières mentionnées dans les textes anciens et les faire correspondre aux itinéraires antiques. Remarquons sur cette carte que la voie litorrale permet de relier directement Bordeaux à Dax, contrairement à la voie des Rivières. Les stations que l'on positionne aujourd'hui (dont Losa) sont-elles réellement à leurs places ?
En octobre 2023, avec Romain, mon collègue du Centre de recherches archéologiques sur les Landes, nous faisions une découverte extraordinaire : les découvertes de deux voies "romaines" importantes dans les Landes, là où elles n'étaient pas supposées exister : la voie des Rivières et la voie Meynot. Ces découvertes ont été fortemment médiatisées et vous avez dû en entendre parler. Et depuis ? Nous avons continué à travailler sur ce dossier, en même temps que les autres mais nous avons amélioré notre compréhension sur la voie des Rivières, avec notamment des confirmations de son passage sur le terrain. Nous avons en effet constaté la présence de recharges de galets sur plusieurs tronçons de la voie, ce qui confirme que cette voie n'était pas seulement réalisée avec le sédiment local. Cette voie étant un axe majeur de notre compréhension de l'occupation ancienne de notre territoire, j'ai décidé de valoriser cette découverte en augmentant les communications auprés des collectivités locales. La situation économique de notre pays n'étant pas fantastique, cela ne sera pas simple pour qu'ils se consacrent à la Culture !
Déjà, voici la liste des communes traversées par cette voie, du nord au sud : En partant de Bordeaux, il est difficile d'avoir des preuves de son tracé à cause de l'urbanisme de l'agglomération bordelaise, et ce, jusqu'à Léognan, soit les 16 premiers km de la voie. Ensuite, au sud Gironde, la voie traverse les communes de Léognan, Saucats, Le Barp, Saint-Magne et Belin-Béliet. Elle entre ensuite dans le département des Landes sur la commune de Moustey. Nous venons de parcourir 34 km supplémentaires de la voie des Rivières (ce second tronçon a aussi été confirmé par un autre chercheur, avec les vues LiDAR : Olivier Boisseau et aussi par recherches documentaires par Dominique Brocheriou).
Nous avons ensuite des traces faibles de son passage sur les communes de Saugnacq-et-Muret, Pissos et Trensacq. Il est donc difficile de connaitre son tracé exact sur ce tronçon de 33 km et la départementale d'aujourd'hui s'est peut-être superposée à la voie des Rivières, ce qui expliquerait la difficulté de retrouver les preuves de son tracé.
Puis, le tracé de la voie est confirmé sur les communes de Sabres, Luglon, Arengosse, Villenave, Ousse-Suzan, Beylongue et Carcen-Ponson, soit 31 km supplémentaires. Jusque là, depuis Bordeaux, nous venons de parcourir 114 km. Ensuite, la voie se sépare en deux : une branche en direction de Dax (25 km supplémentaires) et une branche en direction d'Aire (55 km supplémentaires). Vers Dax, le tracé n'est pas parfaitement connu et on retrouve des traces de son passage sur les communes de Bégaar, Pontonx et Saint-Paul-Lès-Dax. Vers Aire-sur-l'Adour, le tracé est parfaitement connu sur les communes de Tartas, Gouts et Souprosse puis nous ne savons pas où la voie passe ensuite, car elle disparait dans la terrasse alluviale de l'Adour. On retrouve ensuite son tracé au nord de la commune de Saint-Sever puis il disparait ensuite jusqu'à Aire. Comme nous, vous en savez encore un peu plus sur cette voie des Rivières qui permettait de relier Bordeaux à Aire et Dax au cours de la période romaine, mais aussi à des périodes plus anciennes."
